Ile de Sardaigne
par M. Le Chevalier G. De-Gregory
a cura di Rina Brundu
Non accade tutti i giorni di potersi confrontare con una rara prima edizione di... due tomi (nel vero senso della parola) importanti quali L'UNIVERS ou HISTOIRE ET DESCRIPTION DE TOUS LES PEUPLES, DE LEURS RELIGIONS,MOEURS,INDUSTRIE,COUTUMES etc.. ESPAGNE par Joseph Lavallée et Adolphe Guéroult TOME 1, e ESPAGNE depuis l'Expulsion des Maures jusqu'à l'année 1847 par Joseph Lavallée suivi de ÎLES BALÉARES ET PITHYUSES par Frederic Lacroix SARDAIGNE par Le Chevalier de Grégory 1839, CORSE par M de Friess -Colonna TOME 2 (1).
Quando questo succede, si dovrebbe essere sempre riconoscenti per la grazia ricevuta. Tuttavia, io sono dell'idea che il valore delle vecchie opere non sia davvero nel rinnovato smalto dato ad una qualsiasi collezione, ma nella preziosa miniera di informazioni e quindi di conoscenza che possono dare ai più.
Ai più, non al solo proprietario di turno del tomo di riferimento. Allo stesso modo, io sono convinta che se si vuole continuare a lavorare per fare di Terza Pagina un sito diverso, si deve per forza trovare il coraggio di andare oltre la mera pubblicazione di questo o quel lavoro più o meno riuscito e... osare di conseguenza. Accordingly.
Vero è anche che se a volte ci si è fermati davanti a qualcosa, non è stato per il timore di non farcela, o di non riuscire, quanto piuttosto per la mancanza di tempo da dedicare. In simil guisa, è pure vero che se si vuole davvero fare, alla fine il tempo lo si trova comunque… Altre volte invece... il tempo.... BISOGNA trovarlo. Punto.
Nello specifico, è mia ferma convinzione che adesso occorra rubare spazio alle preoccupazioni quotidiane per regalare ai più scampoli del (seppur datato) patrimonio di conoscenza contenuto nei tomi di cui sopra. Per questo motivo, ritenendo, per ovvie ragioni, superati i problemi di copyright, vorrei pubblicare su Terza Pagina almeno uno dei lavori contenuti nell'opera già citata, ovvero il saggio di M. Le Chevalier G. De- Gregory “Ile de Sardaigne”, insieme alle immagini delle incisioni originali che lo stesso contiene.
Il testo, sebbene sia di facile leggibilità, è naturalmente in francese e così io lo riporterò. Tuttavia (e qui si realizzerebbe quel lavoro di interazione, quel qualcosa di diverso che io mi aspetto possa offrire un sito come il nostro), io sarò, tutti noi saremmo immensamente grati a chi vorrà offrirsi, e vorrà trovare il tempo, per riproporre questo lavoro in Italiano e quindi vorrà farne dono ad un pubblico più vasto di lettori.
Colui/colei (ma non dovrà essere necessariamente un solo lettore o una sola lettrice) dovrà semplicemente tradurre i capitoli proposti di mese in mese e la traduzione verrà immediatamente pubblicata in calce all’articolo originale, con nome e cognome dell’autore/autrice della stessa, ad imperitura memoria ed eterno ringraziamento.
Mi accompagna infatti la certezza che se si riuscisse a portare a termine un simile progetto, il sito avrebbe giustificato in sé il tempo dedicatogli in questi anni, la sfrontatezza intellettuale con cui siamo talora riusciti a mettere sullo stesso piano Kafka e i vari Indizi Nascosti, la scaltrezza e la tracotanza con cui, di tanto in tanto, qualcuno di noi, tra queste stesse incriminate pagine, non ha esitato a sbandierare il suo intento ideale. Impunemente.
Dublin, 14 Luglio 2007
Cavalli sardi, 1839.
ILE DE SARDAIGNE(2),
par
M. LE CHEVALIER G. DE-GREGORY
PRESIDENT HONORAIRE DE LA COUR ROYALE D’AIX EN PROVENCE, MEMBRE DES ACADEMIES D’ARCHEOLOGIE DE ROME, DE TREJA, DES SCIENCES DE TURIN, DE CHAMBERY, DES SOCIETES D’AGRICULTURE DE ROME, PARIS ET TURIN, ETC.
PARIS
FIRMIN DIDOT FRERES, EDITEURS,
IMPRIMEURS-LIBRAIRES DE L’INSTITUT DE FRANCE
REU JACOB NR 56
MDCCCXXXIX
Codrongianos, Sassari
I. Description topographique de l’ile, population et moeurs sardes.
L’Ile de Sardaigne, quoique placée si prèe de la France et de l’Italie, est cependant très-peu connue; sa description pittoresque est donc utile, je dirai plus, nécessaire. Le premier qui, de nos jours, ait decrit cette ile fertile et remarquable par sa civilisaton, comme par la fierté des mœurs de ses habitants, fut le président Azuni, notre collègue, en 1810, au corps législatif ; après lui vinrent le chevalier Mimaut, consul de France, et le baron Manno, directeur des affaires de sa nation, a Turin, et dernièrement, en 1826, le chevalier Albert Ferrero del la Marmora d’une famille vercellaise, qui depuis le douzième siècle(3) fut illustre dans les sciences et les arts. C’est dans les ouvrages de ces savants distingués que nous avons puisé notre description ; car les histoires anciennement rédigées par Carillo, Vico, Fara, Vitalis, Mattei, Gazano, et Cambiagi, sont remplies de traditions fabuleuses sur l’origine des Sardes et sur les premiers temps de leur civilisation. Nous allons entreprendre notre tache, en suivant la méthode de ceux qui nous ont précédé dans la publication de cette Revue de l’Univers, ou le pittoresque orne et embellit la sévérité de l’histoire, et qui est déjà si répandue dans les deux hémisphères ; nous nous efforcerons de répondre aux désires de ses nombreux lecteurs.
L’Ile de Sardaigne est placée a cinquante-huit lieues de distance des cotes d’Afrique, au milieu de la Méditerranéé, entre le 38° et le 42° degré de latitude, depuis le cap Teulada jusqu'à l’Ile de la Madeleine, entre le 5° et le 7° degré de longitude, depuis le cap Comino jusqu’au cap Caccia. Elle a une étendue de 145 milles géographiques ; sa largeur est de 78 milles, et sa superficie de 999 milles carrés, y compris les ilots adjacents. La Sardaigne jouit généralement du climat tempéré qui est la condition de sa position géographique ; et la partie septentrionale de l’ile rappelle meme celui des plus belles contrées de l’Italie. Les pluies sont rares ; ensuite l’inconstance de son climat est un grand inconvénient pour la santé des habitants.
Les vallées sont arrosées par deux grandes rivières : le Tyrso, qui prend sa source a Monte-Acuto, et va se jeter dans le marais d’Oristano ; et la riviére de Flumendosa, qui descend des montagnes de Genargento pour tomber prés de Muravera (voy. La carte, planche 1) dans la Méditerranée : ce fleuve est plus impétueux que le Tyrso ; il traverse souvent d’étroits précipices, et, dans le temps de ses débordements, il cause des donmages aux campagnes limitrophes.
Nous avons reproduit la carte géographique du chevalier Carbonazzi, elève de l’Ecole polytechnique en 1809, aujourd’hui inspecteur du génie civil a Turin. C’est lui qui a construit la route royale qui conduit du cap Cagliari au cap Sassari. Cette route commencée d’après l’ordre de l’excellent roi Charles-Felix de Savoie, dernier rejeton de la branche ainée de la plus illustre, de la plus ancienne dynastie des souverains d’Italie, fut terminée par ordre du roi Charles-Albert de Savoie-Carignan, appelé au trone des aieux en vertu de la loi salique, lequel, par des sages édits, vient de donner a la Sardaigne une organisation judiciaire et administrative qui contribuera a l’accroissement de ses richesses et de sa population. L’ile est protégées par des tours placées de distance en distance pour défendre les habitants des cotes contre les incursions des barbaresques ; mais cette défence est inutile maintenant que le roi de France a détruit la puissance d’Alger, et le sera pour toujours, si les Français persistent dans la grande idée d’une colonisation si utile pour y attirer la population européenne, devenue surabondante depuis vingtquatre ans de paix non interrompue. La position de la Sardaigne au midi de l’ile de Corse favorise les relations commerciales, et lorsque le grand projet de réunir la mer Rouge a la Méditerranée par l’isthme de Suez sera accompli, moyennant un canal ou un chemin de fer, alors la Sardaigne, découpée par un nombre considérable de golfes presque tous a l’abri des vents du nord (4), deviendra par sa position, l’échelle la plus commode pour le commerce de toutes les nations.
On a cru bon d’ajouter sur la carte, en les indiquant par le sign + , les golfes et les ports les plus fréquentés par les batiments commercants, et qui servent d’abris aux nombreuses flottes des différentes puissances. Nous noterons ici que le golfe de Cagliari, qui se trouve au midi de la ville, ou il forme un demi-cercle de 35 milles, est reconnu pur un des plus vastes et des plus surs de l’Europe, a cause des trois cotes dont il est envirnné et du banc de sable qui ferme les deux tiers de son entrée, de sorte que plusieurs flottes en meme temps peuvent s’y mettre a l’abri et hiverner en toute sureté. C’est la que l’empereur Charles-Quint, a l’époque de sa célèbre expédition de Tunis et de la Goulette, or donna la réunion des flottes espagnole, portugaise et napolitaine, avec les galères de Genes, de Rome, de Malte et de Venise, et que toutes ensemble séjournèrent en sureté fort longtemps (voyez planche 1).
L’ile est partagée en deux parties, l’une au midi, Capo Cagliari, l’autre au nord, Capo Sassari, et séparée de la Corse par le détroit de Saint-Bonifacio. Le pays n’est pas hérissé de grandes et hautes montagnes qui s’abaissent vers la mer, et la nature ne l’a pas envahi dans ses soulèvements, d’après le système de M. Elie de Beaumont ; mais son climat tempéré est malsain au midi, et bon au nord, si l’on excepte les marécages d’Oristano, dont on espère l’assainissement par le moyen d’un emissarium, tel que celui que le pape Pie VI a pratiqué pour les marais Pontins.
Le cap méridional, découvert, aride, pauvre de végétation, est dévoré par l’ardeur du soleil. C’est la que les maladies mortelles, dites de l’intempérie, les fièvres pernicieuses et putrides, emportent les malades dans les vingtquatre heures, comme il arrive très-souvent a Rome, dans ses campagnes, et dans les terres marécageuses de la Toscane, depuis le mois de jouillet jusqu’au mois de novembre de chaque année. Ainsi, d’après l’historien gèographe Pomponius Mela, on peut dire avec raison qu’en Sardaigne la terre vaut mieux que l’air sarde ; c’est ce que le Dante, au chapitre XXIX de l’Enfer, nous atteste :
Qual dolor fora, se degli spedali
Di Valdichiama tra ‘l luglio e ‘l settembre,
E di Maremma e di Sardigna i mali
Fossero in una fossa tutti insembre ;
Tal’ era quivi e tal puzza n’usciva,
Qual suol venir dalle marcite membre.
Ces maladies sont produites par les exhalaisons marécageuses tout a fait analogues a celles des marais Pontins, et plus encore par des vents froids qui soufflent inopinément dans la nuit, au milieu des grandes chaleurs, détruisent les tempéraments les plus forts et terrassent l’homme le plus robuste ; car ces exhalaisons pestilentielles enveloppent l’atmosphère et agissent sur l’économie, de la meme manière que dans le pays des reizières, lorsque la police rurale, par défaut de surveillance, ne s’oppose pas a la stagnation des eaux sur le champs (5). Les capitanats d’Oristano et de Cagliari sont les plus infectés ; et, pour purifier l’air, on y fait des feux considérables ; on brule dans les champs toutes les mauvaises herbes : précautions qui sont d’une grande utilité dans le pays sujets a des contagions.
Le cap septentrional est suffisamment arrosé : il compte un assez grand nombre de rivières et de ruisseaux d’eaux vives, qui descendent des montagnes et de ses collines boisées, les-quelles fournissent en abondance un combustible excellent a la ville et a la partie de la cote d’Italie appelée la rivière de Genes.
Une importante question de géologie se présente ici :celle de savoir si la Sardaigne était anciennement contigue a la Corse. Nous n’entrerons pas dans l’exposé des opinions émises par les savants, qui croient avec fondement que l’espace occupé aujourd’hui par la Méditerranée ne formait dans les premiers ages du monde qu’un seul continent, qui fut violemment disjoint par les irruptions de l’Océan entre les colonnes d’Hercule, comme plus anciennement encore arriva la séparation de l’Amérique et de l’Asie au détroit de Behring ; nous dirons seulement avec Buffon, Cetti et Besson, que, d’après l’aspect de lieux, la nature des terrains et la correspondance des montagnes, il est très-probable que les duex iles étaient unies par le détroit de Saint-Bonifacio.
Nous ajouterons ici que le célèbre géologue l’abbé Giovene de Molfetta avait reconne en 1807, que dans la mer Adriatique il existe des bancs de tuf fluvial, ce qui l’amena a conjecturer avec les savants Thompson et Patrini, que ce golfe n’existait pas dans l’origine, et qu’il fut formé par une révolution terrestre. Aussi le chevalier Ferrero, dans ses observations, a-t-il reconnu que la chaine centrale des montagnes qui traversent la Sardaigne comme un véritable noyau primitif, se trouve dans la meme direction que la chaine centrale des montagnes de la Corse, ce qui confirme de plus en plus l’ancienne unité des deux iles.
La population de la Sardaigne, au temps des Romains, pouvait monter a deux millions d’ames ; et Polybe atteste que cette ile était très-peuplée. Sous la domination espagnole, elle ne comptait plus que trois cent vingt-sept mille habitants ; et elle doit au duc de Savoie, nommé roi de Sardaigne en 1720, d’avoir porté a cinq cent mille, sa population, qui est cependant aujourd’hui diminuée par les émigrations commerciales ; car le pavillon sarde sillonne toutes les mers, et donne la prospérité a beaucoup de cotes maritimes.
Si les nations ont plus ou moins conservé leurs mœurs, leurs habitudes, leur caractère primitif, en raison de leur isolement des hordes du Nord qui ont inondé le midi de l’Europe, notamment l’Italie, et croisé les races par leurs mariages, a cet égard, les Sardes, d’un caractère fier, courageux et sobres, on peu souffert de l’invasion des Vandales, des Goths et des Sarrasins ; ils ont conservé dans leur vetements, dans leurs habitudes, des souvenirs de la domination romaine ou de la fierté carthaginoise, au point d’etre considérés, les uns comme Africains et les autres comme Italiens, ce peuple ayant appartenu a différents gouvernements dont nous donnerons l’histoire et les mœurs diveses.
Le peuple sarde, par la singularité de ses mœurs, par son indépendance d’esprit, par la haute opininion de soi-meme, par son hospitalité généreuse et cordiale, forme a lui seul une nation distincte qui fait partie de la grand famille européenne, dont l’existence sociale se confond dans les nuages des premiers ages du monde. Il fut autrefois célèbre, et a travers le cours des siècles il a conservé, et il conserve encore la trace vivante de son age antique et originel, si l’on en croit les traditions historiques les plus reculées. Lorsque Cicéron, sans son oraison en faveur d’Emilius Scaurus, citoyen romain qui, en l’an 700 de Rome, avait été justement accusé de concussion et de rapine durant son proconsulat de la Sardaigne, accuse les Sardes d’etre menteurs, d’etre descendants des Phéniciens toujours rebelles, toujours turbulents, et comme les Africans, toujours ennemis des Romains (voyez Peyron, Fragmenta Ciceronis), l’orateur éloquent a fait comme tous les avocats, il a jeté sur le plaignants toute la défaveur ; mai il faut dire ici que les Romains qui traitèrent constamment les Sardes en peuple conquis, et firent de la Sardaigne un lieu d’exil et de détention pour les condamnés, y transportèrent les mœurs des criminels de toute l’Italie.
Nous prèsentons la Sardaigne comme une toile peinte a grands traits, qui doit contenir le clair et l’obscur des vicissitudes d’un peuple, dont l’origine se perd dans le chaos des temps fabuleux, semblable en cela aux premiers habitants de l’Italie, nonobstant les recherches du savant Micali. Ce fut lorsque l’horizon historique s’éclaircit par la civilisation des peuples des cotes de la Méditerranée que les Sardes denvirent l’object de la conquete des Carthaginois et des Romains, a mesure que la rivalité des deux grandes nations prenait de la consistance et que la victoire les favorisait tour a tour.
(1) Série complète. PARIS chez FIRMIN DIDOT Frères, Fils et Cie Imprimeurs de l'Institut de France 1844 et 1846. Ouvrages illustrés de 112 gravures et 2 cartes. Demi-reliure , format 14 / 22.
(2) DA L'UNIVERS ou HISTOIRE ET DESCRIPTION DE TOUS LES PEUPLES, DE LEURS RELIGIONS,MOEURS,INDUSTRIE,COUTUMES etc..
(3) Voyez Storia della Vercellese letteratura ed arti, t. IV. que nous avons publiée en 1824. Turin, avec 40 portraits. 1re Livraison. (Sardaigne.)
(4) Pausanias, liv. X, Phocide, chap.18, dit que la Corse empèche par se hautes montagnes l’arrivée des vents, du nord en Sardaigne, ce qui, a notre avis, rend l’air malsain; mais, d’autre part, la Corse empeche aussi que la grele ne puisse se former, et ne tombe en neige sur le ricolte.
(5) Voyez le livre; Solution du problème économico-politique concernano la conservation ou la suppression de la culture du riz en Lombardie, avec l’indication des moyens propres a former des rizières, sans porter atteinte a la salubrité publique, par le chev. De-Gregory, vol. in-8. Turin et Paris, 1818.
Arrivederci al prossimo capitolo....
II. Origine des anciens peuples sardes. Temps fabuleux et historiques.
Nota della curatrice:
Mi scuso con i lettori di lingua francese perché alcuni special characters mancano al momento.
Ancora, voglio ripetere che chiunque desideri tradurre questo lavoro in italiano, per farne dono a chi non conosce la lingua originale dell'opera, può mettersi direttamente in contatto con me scrivendo a terza_pagina@yahoo.it
Infine, dopo avere letto il primo capitolo, non posso non restare molto colpita, forse commossa, dall'accurata descrizione del carattere dei Sardi fatta dall'autore in tempi sicuramente difficili e lontani dalle nostra necessità del politically correct a tutti i costi. Credo, in verità, che la lettura di questo testo sarebbe cosa buona da consigliare ad ogni giovane sardo che si rispetti.